Types de crépi : gratté, écrasé, taloché, lequel choisir ?
Gratté, écrasé, taloché, tyrolien, ribbé : à quoi ressemble chaque crépi, lequel se salit le moins, comment l'entretenir, quand le refaire ou le repeindre.
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Sur une maison du Tarn, le crépi, on ne le regarde pas tant qu’il est propre. Et puis un jour, le mur nord verdit, des traînées noires descendent sous les appuis de fenêtre, une fissure apparaît. Il faut alors décider : on le nettoie, on le repeint, ou on le refait ?
Avant de choisir, mieux vaut savoir quel crépi vous avez sur les murs. Gratté, écrasé, taloché, tyrolien, ribbé : ce sont des noms de chantier, qui désignent la façon dont la dernière couche a été travaillée. Ce détail compte plus qu’on ne le croit, parce qu’il joue aussi sur la vitesse à laquelle la façade se salit.
Crépi ou enduit : de quoi parle-t-on ?
Tout le monde dit « crépi ». Les gens du métier disent plutôt enduit : un mélange de sable, d’un liant et d’eau, qu’on applique sur le mur pour le protéger de la pluie et lui donner son aspect.
On distingue deux grandes familles. Dans l’enduit minéral, le liant est de la chaux, du ciment, ou un mélange des deux. Les règles du métier (le DTU 26.1) prévoient de le poser en trois couches. Les enduits dits monocouches, vendus prêts à gâcher, se posent eux en une seule couche épaisse.
Le revêtement organique, qu’on appelle souvent RPE (revêtement plastique épais), remplace la chaux ou le ciment par une résine synthétique, chargée de grains de sable ou de marbre.
Les finitions de crépi, une par une
Ce qui donne son nom au crépi, c’est le dernier geste du façadier, sur une couche encore fraîche ou qui commence tout juste à prendre.
Le crépi gratté
On attend que l’enduit commence à durcir, puis on le gratte au gratton, une taloche hérissée de pointes. En arrachant des grains, l’outil laisse une surface régulière, mate et finement granuleuse.
Le crépi écrasé
Ici, l’enduit est projeté, puis aplati à la taloche ou à la lisseuse avant qu’il durcisse. Les reliefs écrasés font des plaques plus lisses, entourées de creux. C’est irrégulier, ça fait plus « fait main ». Si c’est un tyrolien qu’on aplatit de cette façon, on l’appelle mouchetis écrasé.
Le crépi taloché
On frotte la dernière couche à la taloche avant qu’elle sèche, souvent avec une taloche éponge. La surface est presque lisse, sans être uniforme : on devine les mouvements en rond de l’outil. Plus sobre que ça, il n’y a que le lissé, qui n’a aucun relief.
Le crépi tyrolien
Le nom vient de la tyrolienne, une petite machine à manivelle qui projette l’enduit en gouttelettes. On passe trois couches fines en oblique, en croisant le sens d’une couche à l’autre, pour quelques millimètres d’épaisseur. Ça donne une peau d’orange très marquée.
Le crépi ribbé
On le trouve surtout sur les revêtements organiques. Sous la taloche, les gros grains du produit roulent et creusent de fins sillons, droits ou en rond selon le geste.
Le projeté brut
Certains enduits sont projetés à la machine, et on n’y touche plus. C’est le rustique, qu’on appelle aussi projeté. De toutes les finitions, c’est celle qui a le plus de relief.
Quel crépi se salit le moins ?
La règle est simple : plus le relief est marqué, plus la façade garde la poussière, l’eau et les mousses. L’Agence qualité construction (AQC), un organisme qui travaille à prévenir les désordres dans le bâtiment, l’écrit noir sur blanc. Plus le grain d’un enduit est gros, plus les mousses s’y accrochent. Sur les façades exposées, elle conseille un grain de 1,5 mm au plus.
Les fiches des architectes des bâtiments de France vont dans le même sens. Les finitions talochées fines se salissent moins, les écrasées faites à la machine retiennent les salissures et l’humidité. Un fabricant va jusqu’à déconseiller le tyrolien en bas de mur.
Pour une façade qui vieillit proprement, partez donc sur un taloché fin ou un lissé. Le projeté, le tyrolien et l’écrasé à gros relief sont ceux qui se salissent le plus vite. Le gratté se situe entre les deux, même si là-dessus les avis divergent.
La finition ne fait pas tout, l’orientation compte autant. D’après l’AQC, les façades ouest sont les plus exposées aux micro-organismes, puis viennent les façades nord. Ajoutez un arbre tout près, une haie collée au mur ou une gouttière qui déborde : le mur reste humide, et il verdit plus vite.
Comment entretenir un crépi
Mieux vaut s’occuper d’un crépi avant qu’il ne verdisse. L’AQC conseille de prévoir des lavages réguliers, et au moins un tous les cinq ans quand rien d’autre n’est indiqué.
Lavez à basse pression. Un fabricant prévient que le nettoyeur haute pression peut abîmer le revêtement : le jet arrache les grains d’un enduit tendre et envoie l’eau dans les fissures. Si la façade a déjà verdi, on pulvérise un anti-mousse et on le laisse agir avant de rincer. Le temps de pose dépend du produit, au moins douze heures pour certains : suivez la notice.
Refaire ou repeindre son crépi ?
Tout dépend de l’état de l’enduit.
Quand une peinture suffit
Un enduit qui tient bien au mur peut se contenter d’une peinture de façade. Elle lui rend une couleur uniforme et cache le faïençage, ce réseau de fines craquelures en toile d’araignée. Un détail à savoir quand même : les peintures épaisses remplissent les creux du relief, et le crépi repeint perd un peu de son grain.
Si les fissures sont plus larges, il existe des revêtements dits d’imperméabilité, classés de I1 à I4 selon la largeur de fissure qu’ils peuvent couvrir. Sur une fissure qui bouge encore, l’AQC déconseille de les poser. Pour savoir où en est la vôtre, lisez notre article sur les fissures de façade.
Autre point, ces revêtements laissent moins bien passer la vapeur d’eau. Sur un mur humide, l’eau reste coincée derrière, et le film peut cloquer.
Pour les volets, le portail et les boiseries, la préparation n’est pas la même : c’est de la peinture extérieure.
Quand il faut refaire l’enduit
Avant de commencer quoi que ce soit, on sonde tout le mur au marteau. Là où le crépi sonne creux, il s’est décollé. S’il s’effrite sous le doigt ou s’en va par plaques, il n’est plus « sain et adhérent », comme disent les fabricants, et aucune peinture ne le retiendra. On enlève alors les parties abîmées, parfois tout l’enduit, et on en refait un. Même chose pour une vieille peinture qui ne tient plus : on la décape avant de poser un nouveau revêtement.
Au-delà de 2 mm environ, ce n’est plus une fissure, c’est une lézarde. Il faut d’abord reprendre la maçonnerie, et seulement ensuite l’enduit ou la peinture. Ce que recouvrent ces travaux est détaillé sur notre page peinture et ravalement de façade.
Maison en pierre ou en brique : la chaux d’abord
Un mur ancien, en pierre ou en brique, a besoin de respirer. L’humidité du sol monte dans la maçonnerie, et il faut qu’elle puisse ressortir. La chaux laisse passer cette vapeur d’eau. Le ciment, rigide et étanche, la garde prisonnière dans le mur.
Mettre un crépi au ciment ou une peinture étanche sur ce genre de mur, c’est risquer d’y enfermer l’humidité. Et si le mur porte déjà un vieil enduit à base de ciment, les architectes des bâtiments de France conseillent plutôt une peinture à liant minéral.
Changer de couleur : passez par la mairie
Repeindre ou ravaler à l’identique ne demande en général aucune démarche. Dès que vous changez la couleur, la finition ou le matériau, en revanche, il faut déposer une déclaration préalable de travaux en mairie. Elle est aussi exigée dans les secteurs protégés et dans les communes qui l’ont décidé. Le détail est dans notre article sur les démarches de ravalement.